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Le Petit Monde de don Camillo (Don Camillo en italien) est un film franco-italien de Julien Duvivier, tiré d'un roman de Giovannino Guareschi et sorti en 1952, avec Fernandel et Gino Cervi dans les rôles principaux. En raison du succès, une première suite fut tournée par le même Julien Duvivier dès la fin 1952 : Le Retour de don Camillo.

LE PETIT MONDE DE

DON CAMILLO

01

28

MARS

1952

HISTOIRE DU FILM |

À Brescello, petite ville italienne du territoire de la Bassa padana, dans la plaine du Pô, la rivalité est permanente entre Peppone, le maire communiste qui vient de triompher aux élections et don Camillo, le curé de choc qui parle quotidiennement au Christ du maître-autel de son église. Dirigeant deux clans de choc, les deux hommes, bien que rivaux, restent malgré tout amis depuis la guerre. C'est d'ailleurs souvent qu'ils unissent leurs efforts pour le bien de la commune, ne serait-ce que pour fiancer les Roméo et Juliette locaux, dont les deux familles, l'une de pauvres paysans communistes et l'autre de riches propriétaires cléricaux, se détestent. Lorsque le départ du turbulent curé est annoncé, envoyé dans une cure de montagne en punition de sa violence, les « rouges » viennent le saluer et Peppone ne lui cache pas qu'ils espèrent son prochain retour.

PRODUCTION |

Le tournage a eu lieu du 3 septembre au 24 novembre 1951 à Brescello, commune de la province de Reggio d'Émilie où Giovanni Guareschi a situé l'action de ses romans. Si l'église est bien celle de Brescello pour l'extérieur, l'intérieur de l'église est tourné aux studios Cinecittà à Rome.


Dans le film, lors du départ de Don Camillo en exil, on voit successivement trois gares : celle de Brescello, celle de Brescello-Viadana où l'attendent ses fidèles et celle de Gualtieri où l'attendent Peppone et ses troupes. Il s'agit d'une ligne fictive.

PHRASES CULTES |

Jésus : « Tes mains sont faites pour bénir, non pour frapper. »


Don Camillo : « Les mains sont faites pour bénir... Mais les pieds ? »

  

DISTRIBUTION | VOIX OFF

Fernandel : don Camillo, le curé de Brescello

Gino Cervi (V.F : Jacques Eyser) : Giuseppe Bottazzi dit « Peppone », le maire de Brescello

Vera Talchi (it) (Vera Talqui au générique) : Gina Filotti

Franco Interlenghi : Mariolino Brusco

Charles Vissières : l'évêque

Gualtiero Tumiati : le grand-père

Leda Gloria : Maria Bottazzi, la femme de Peppone

Manuel Gary : le délégué du PCI

Sylvie : Mme Cristina, l'institutrice

Jean Debucourt : la voix du Jésus

Luciano Manara : Filotti (non crédité)

Armando Migliari : Brusco, le paysan (non crédité)

Marco Tulli (V.F : Guy Piérauld) : Lo Smilzo (non crédité)

Mario Siletti : Stiletti, l'avocat (non crédité)

Giorgio Albertazzi : don Pietro (non crédité)

Saro Urzì : Brusco (non crédité)

CRITIQUE | TERRA REPORTER LILLE

Le curé le plus hilarant, castagneur, hâbleur et magouilleur du Cinéma.Transcendé par la prestance et la gouaille de Fernandel et Gino Cervi. Un véritable petit chef-d'oeuvre du cinéma. Un fernandel irremplaçable. De tels artistes manque a l'heure actuelle et aucun n'arrive à la cheville de Fernandel, Bourvil De Funès ou Jouvet ! c'est bien triste ! messieurs les pseudo comique Français, au lieu de reprendre des chefs d oeuvres et les massacrer ( Knock, par exemple ). Apprenez à être un véritable clown, innovez, créez, surprenez nous.... Tels est la mission d un véritable artiste !

DON CAMILLO |

Don Camillo (Tarocci de son nom de famille, très rarement utilisé) est le curé du petit village italien de Brescello dans la Bassa padana, où il se livre à une guerre d'influence contre Peppone, le maire communiste. Don Camillo discute souvent avec la statue du Christ de son église, qui lui répond généralement sur un ton humoristique. Rivaux, mais unis par une forme de sympathie réciproque, don Camillo et Peppone vivent des aventures souvent picaresques, qui se traduisent parfois par des affrontements physiques, dans une longue série d'histoires au ton le plus souvent ironique mais parfois plus sombre. Guareschi, militant anti-communiste, entendait tourner en dérision la situation politique de son pays et le poids du parti communiste italien. Les nouvelles mettant en vedette don Camillo furent publiées dans l'hebdomadaire Candido. Du vivant de Guareschi, trois recueils furent publiés. Cinq autres le furent après sa mort.

ADAPTATIONS |

Le grand succès des nouvelles inspira à partir de 1951 une adaptation au cinéma, la série de films "Don Camillo" ou "Le Curé" débuta avec le Petit Monde de don Camillo, coproduction italo-française sortie dans les salles en 1952. Gino Cervi devait initialement incarner don Camillo et Guareschi lui-même tenir le rôle de Peppone. Mais le metteur en scène Julien Duvivier, mécontent de cette distribution, fit tout pour dissuader Guareschi, qui renonça finalement. Duvivier proposa ensuite le rôle du prêtre à Jacques Morel mais celui-ci n'était pas disponible aux dates du tournage. Gino Cervi assuma finalement le rôle de Peppone, tandis que Fernandel était appelé pour prendre la vedette du film : ayant peur d'être cantonné aux rôles d'ecclésiastiques, il demanda un cachet tel qu'il pensait que le producteur refuserait son exigence qui fut finalement satisfaite. Malgré son peu de ressemblance physique avec le personnage littéraire (le don Camillo de Guareschi est censé être un colosse), Fernandel est définitivement attaché, dans l'esprit du public, à l'image de don Camillo. Duvivier tourna encore Le Retour de don Camillo (1953), à la suite de quoi Carmine Gallone reprit le flambeau et mit en scène La Grande Bagarre de don Camillo (1955) et Don Camillo Monseigneur (1961). Finalement, c'est Luigi Comencini qui réalisera Don Camillo en Russie en 1965.



Le tournage de Don Camillo et les contestataires fut interrompu par la maladie de Fernandel. Le film fut finalement tourné en 1972 avec Gastone Moschin dans le rôle de don Camillo et Lionel Stander dans celui de Peppone, Gino Cervi refusant de tourner avec un autre acteur que Fernandel, tout comme le réalisateur Christian-Jaque, qui sera donc remplacé par Mario Camerini. Mais, le public ne reconnaissant plus les héros, le film n'eut pas le même succès que les précédents.


La série au cinéma dans l'ordre chronologique


1952 : Le Petit Monde de don Camillo

1953 : Le Retour de don Camillo

1955 : La Grande Bagarre de don Camillo

1961 : Don Camillo Monseigneur

1965 : Don Camillo en Russie

1970 : Don Camillo et les contestataires (voir ci-dessus pour la distribution particulière de ce dernier opus)

En 1983, Terence Hill réalise un remake de Don Camillo dans lequel il interprète le personnage principal : le film sort en 1984 sous le titre Don Camillo.



Le Petit Monde de don Camillo est toujours bien placé dans le box-office français, en totalisant un peu plus de 12 millions d'entrées.



Seule petite incohérence, Don Camillo en Russie (1965) devrait se regarder avant Don Camillo Monseigneur (1961) car on y retrouve Don Camillo simple curé et Peppone maire, la logique voudrait que la série se termine avec Don Camillo Monseigneur, Fernandel y a d'ailleurs l'air plus âgé, cheveux gris, idem pour Gino Cervi.

DON CAMILLO | FERNANDEL

Dans les années 1950, il retrouve le succès avec des films comme L'Auberge rouge (1951) de Claude Autant-Lara, Ali Baba et les Quarante voleurs (1954) de Jacques Becker ainsi que La Vache et le Prisonnier d'Henri Verneuil tourné en 1959. Il réalise également Adhémar ou le Jouet de la fatalité, en 1951, sur un scénario de Sacha Guitry.



Mais c'est surtout la série des Don Camillo, tirés de l'œuvre de Giovannino Guareschi, dans laquelle le curé et le maire communiste d'un petit village italien se livrent à une lutte d'influence feutrée ; son interprétation bon enfant, en ces temps de guerre froide, assoit sa notoriété. Il tournera six films en tout : Le Petit Monde de don Camillo (1951) et Le Retour de don Camillo (1953) de Julien Duvivier, puis, avec d'autres réalisateurs, La Grande Bagarre de don Camillo (1955), Don Camillo Monseigneur (1961), Don Camillo en Russie (1965) et enfin Don Camillo et les Contestataires, qu'il commence en 1970 mais ne pourra achever en raison du cancer qui va l'emporter l'année suivante.



Le 18 janvier 1953 alors qu'il est à Rome avec sa fille Janine, Pie XII le pria de venir au Vatican afin, dit-il, de faire la connaissance « du plus connu des prêtres de la chrétienté après le pape ». Un Fernandel de cire en Don Camillo dans son confessionnal est également installé en bonne place au musée Grévin.



Lors d'une entrevue où un journaliste lui demandait de parler du succès du Ier Don Camillo, il répond : D'abord, la surprise. La surprise du personnage qu'on ne connaissait pas. La surprise de parler à Jésus. Ça fait un drôle de partenaire vous savez. J'en ai eu dans ma vie mais, je dois dire que celui-là, je lève ma barrette.



Fernandel remporte parallèlement un grand succès public et critique avec les enregistrements discographiques des Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet (La Chèvre de monsieur Seguin, Les Trois Messes basses, Le Secret de maître Cornille, etc.).



En 1963, il fonde avec Jean Gabin la société de production Gafer d'après la première syllabe de leurs pseudonymes qui sont Gabin et Fernandel. Car s'ils avaient utilisé la première syllabe de leur vrai nom, cela aurait donné « Moncon » (contraction de Moncorgé et Contandin). Leur première production sera L'Âge ingrat de Gilles Grangier.

DISTRIBUTION | VOIX OFF

En 2012, Don Camillo et Peppone a été adapté pour la première fois au Théâtre-Français par la troupe du Théâtre du Verseau de Cannes.Le comédien Gilles Gauci interprète Don Camillo.


Toujours en 2012, Don Camillo, adaptation de Patrick de Longrée, fait l'objet d'une mise en scène par Jean-Claude Idée dans les ruines de l'abbaye de Villers-la-Ville, dans le cadre de l'été théâtral de Villers-la-Ville.


En 2017, après cinq années de triomphe et plus de 100.000 spectateurs avec Don Camillo et Peppone, la Compagnie du Verseau de Cannes met en scène le deuxième opus de la saga : La Grande Bagarre de Don Camillo. Gilles Gauci est Don Camillo.

POSTÉRITÉ |

Le 30 novembre 2015, devant la Conférence épiscopale italienne, dans la basilique Santa Maria del Fiore à Florence, le pape François déclare « L'Église italienne a de nombreux saints dont les exemples peuvent l'aider à vivre sa foi avec humilité, désintérêt et félicité ». Il cite alors François d'Assise et Philippe Néri, puis déclare : « Mais je pense aussi à la simplicité de personnages inventés, comme Don Camillo, qui fait équipe avec Peppone. [...] la prière d'un bon prêtre s'unit de façon évidente avec les gens ». Il poursuit : « Don Camillo disait : Je suis un pauvre curé de campagne qui connaît ses paroissiens chacun par son nom, qui les aime, qui connaît leurs douleurs comme leurs joies, qui souffre et sait rire avec eux. [...] La proximité avec son peuple et la prière sont les clefs pour vivre un christianisme humain, populaire, humble, généreux et joyeux »

GINO CERVI | PEPONNE

Gino Cervi était le fils du critique littéraire Antonio Cervi.



En 1928, il épouse Angela Rosa Gordini dite Ninì (née le 15 août 1907 à Lugo di Romagna, morte le 27 mars 1978 à Rome), une de ses partenaires, avec qui il a un fils, Antonio.


Il travaille sur le doublage de films américains, devenant, tour à tour, Laurence Olivier et Orson Welles pour leurs films shakespeariens, Clark Gable dans New York-Miami (Frank Capra, 1934), James Mason dans Pandora (Albert Lewin, 1950), James Stewart dans Harvey (Henry Koster, 1950) ou Michael Redgrave dans Le deuil sied à Électre (Dudley Nichols, 1947).



Acteur cosmopolite, il travaille dans toute l'Europe (notamment en France, en Espagne, en Angleterre), ne négligeant pas non plus le théâtre où il devient le Cyrano du dernier opéra dirigé par Raymond Rouleau, le cardinal Lambertini et Cyrano de Bergerac ou Samuel Beckett dans une création de Jean Anouilh.



Il est surtout connu du grand public pour son rôle de Peppone, le maire communiste de Brescello, adversaire de Fernandel, Don Camillo, personnages créés par Giovannino Guareschi. Les cinq films de Don Camillo où ils ont partagé la vedette, avec une grande complicité, ont été réalisés sur une période de 13 ans (1952-1965). Un sixième film, mis en scène par Christian-Jaque, est resté inachevé à cause du décès de Fernandel. Outre la série des Don Camillo, ils ont joué ensemble dans Le Grand Chef en 1959, dans En avant la musique en 1962 ainsi que dans Le Bon Roi Dagobert en 1963 où Fernandel interprétait Dagobert et Gino Cervi le bon Saint Éloi.



En fin de carrière, il incarne le commissaire Maigret pendant six ans pour la télévision italienne, série qui donnera un film pour le grand écran, Maigret à Pigalle de Mario Landi (1966), produit par son fils, Antonio Cervi, où il retrouve la dramaturge Andreina Pagnani dans le rôle de son épouse.



Il est enterré au cimetière Flaminio à Rome, aux côtés de son épouse et de son fils.


Il a été initié en Maçonnerie en 1946 dans la Loge « Palingenesi » de Rome, de la Grande Loge d'Italie de Rite écossais ancien et accepté, et en 1947 il a été affilié à la Loge « Gustavo Modena », de Rome, de la même obédience.