Les origines de l'animation | TERRA REPORTER
ANIMATION : HISTOIRE | TERRA REPORTER

NOUS CONTACTER

redaction@terrareporter.fr

FONDATEUR

Laurent FORELLI

SITE WEB

L.F. STUDIOS PRODUCTIONS

COPYRIGHT

2020 FRANCE WEBCREATOR

PRODUCTION

2020 LF STUDIO - TR | LILLE

L'animation est une méthode dans laquelle les images sont manipulées pour apparaître comme des images en mouvement. Dans l’animation traditionnelle, les images sont dessinées ou peintes à la main sur des feuilles de celluloïd transparentes pour être photographiées et exposées sur film.

DIVERS

ÉPOQUES

02

L'ANIMATION AVANT LE CINEMA |

Le thaumatrope (du grec thauma, prodige et tropion, tourner) est un jouet optique qui exploite le phénomène de la persistance rétinienne. Lorsque la lumière atteint la rétine, les cellules photosensibles (cônes et bâtonnets) déclenchent une réaction chimique. La persistance d'une durée d'environ 50 ms laisse une "trace" au fond de la rétine. Si une autre image est perçue par l'œil dans ce laps de temps, notre cerveau aura l'illusion de voir les deux images en même temps.


L'effet phi s'applique à l'illusion d'un mouvement.


D'autres jouets optiques qui utilisent la persistance rétinienne ont été inventés au xixe siècle : le phénakistiscope, le zootrope, le praxinoscope... ou encore le folioscope, où un dessin est fait sur chaque page d'un livret que l'on effeuille reproduisant un mouvement continu.


Le Thaumatrope est en fait une illusion d'optique.

AVANT LE CINÉMA |

L’idée de générer un mouvement par une succession d’images fixes est antérieur à l’invention du procédé cinématographique. S’appuyant sur le principe de la persistance rétinienne des travaux de Newton développés par Peter Mark Roget en 1824, selon lequel l’œil conserve pendant une fraction de seconde l’information qu’il a reçue, une série de jouets scientifiques voit le jour au cours du très technique XIXe siècle. Le but reste identique : donner à voir une séquence d’images à une cadence rapide afin de créer l’illusion d’un mouvement.


La thaumatrope [1831] de John Ayrton Paris [1785-1856] est un simple disque portant un dessin différent sur chaque face que l’on fait tourner pour mêler les deux images.


Le phénakistiscope [1831] de Joseph Plateau [1801-1893], proche du dispositif de Simon Von Stampfer [1792-1864], est constitué d’un disque portant sur son bord 10 ou 12 phases dessinées d’un mouvement en boucle. Des fentes jouent le rôle d’obturateurs et l’utilisateur se place devant un miroir pour contempler le mouvement.


Une étape cruciale est franchie en 1834 avec le zootrope de William George Horner [1786-1837] qui permet à plusieurs personnes d’assister au spectacle. Les animations en boucle sont dessinées sur des bandes de papier que l’on dispose sur la face interne d’un cylindre. Là encore, des fentes associées géométriquement à chaque image permettent l’obturation entre deux vues.


L’un des dispositifs encore populaires de nos jours est le flipbook (folioscope en français), renommé Kineograph lors de sa sortie en1868. Le brevet de John Barnes Linnett reprend à son compte l’invention de Pierre-Hubert Desvignes. Les images sont imprimées sur de petits papiers reliés. Leur feuilletage permet de reconstituer le mouvement. Contrairement aux jouets précédents, il comporte un grand nombre de dessins et permet d’échapper aux boucles. En 1894, le Mutoscope d’Herman Casler, mécanisera ce dispositif en incorporant jusqu’à 850 cartons attachés à un cylindre dont l’entraînement est assuré par une manivelle.


Le principe de ces machines est semblable : donner à voir une série d’images fixes reconstituant un mouvement. Or, une série de dessins en mouvement continu devant nos yeux ne montre qu’une surface floue. Pour résoudre ce problème, il faut faire apparaitre subrepticement les dessins l’un après l’autre et les entrecouper de noir. C’est le rôle de l’obturateur, qui utilise généralement un écran mobile percé de fente permettant la brève découverte des images.


Il ne s’agit pas encore de cinéma : les mouvements crées sont de courte durée et ces jouets optiques ne sont conçus que pour un utilisateur unique. C’est avec Émile Reynaud que l’animation devient un spectacle.

  

FLIPBOOK |

Le flipbook sera e seul à ne pas tomber totalement en désuétude. Son format maniable, l’aspect et le statut artisanal de l’objet en feront un bien de consommation artistique. On trouve aujourd’hui des flipbook de réalisateur de film d’animation, tiré en un nombre réduit d’exemplaires, et qu’achètent ceux que la magie du procédé de l’animation fascine.

« En 1860, sans doute inventés par le Français Pierre-Hubert Desvignes, on voit apparaître de drôles de petits livres qu’on appelle des folioscopes (du latin folium, la “feuille”, et du grec ancien skopein, “observer”), ou encore des flip books, qui fonctionnent sur le principe très simple de l’effeuillage rapide avec le pouce d’une série empilée de vignettes dessinées dont la succession donne l’illusion d’un mouvement continu. »


En 1868, le Britannique John Barnes Linnett dépose un brevet de cette invention sous le nom de « kinéographe ». Charles Auguste Watilliaux, fabricant de jouets, vend des folioscopes, ainsi que Léon Gaumont, Max Skladanowsky, Léon Beaulieu et la Mutoscope & Biograph Co.


Le pouce de l'observateur est alors remplacé par un index métallique et la rotation des dessins ou photographies est assurée par une molette. Les mutoscopes sont chargés de véritables films dont la durée va jusqu'à une minutes, et sont munis d'un monnayeur.


C'est l'un des jouets optiques qui ont précédé et accompagné l'invention du cinéma.

MAGIE BLANCHE |

La magie est devenue blanche, spectacle, au cours du XIXe siècle grâce à Robert Houdin. Il est frappant de constater que les pionniers de l’animation, voire des premiers cinémas (Méliès), sont souvent issus du théâtre et… de l’illusionnisme, joli terme par ailleurs qui pourrait si bien définir l’animation.

JEAN-EUGÈNE ROBERT HOUDIN |

Il est né Jean-Eugène Robert à Blois dans la maison familiale au 4, rue Porte-Chartraine (maison qui deviendra en 1848 la première boutique de chocolaterie d'Auguste Poulain). Le jeune Jean-Eugène Robert se passionne très tôt pour la mécanique en voyant son père Prosper Robert, horloger très estimé, travailler dans son atelier. Son père le destine au droit et lui fait poursuivre des études de lettres en internat au collège d’Orléans de 1816 à 1823. Jean-Eugène devient clerc de notaire chez Me Roger près de Blois, mais, passionné de mécanique, il abandonne le notariat. En septembre 1825, son père, retiré des affaires, le met en apprentissage d'horloger chez un cousin à Blois, où il peut satisfaire sa passion pour la mécanique et l'horlogerie. Il est ouvrier horloger en 1828 et débute son tour de France en travaillant chez l'horloger Noriet, à Tours. Un empoisonnement alimentaire, daté précisément du 25 juillet 1828, le contraint à abandonner. C'est durant ce périple qu'il rencontre Torrini, un mystérieux saltimbanque qui lui aurait sauvé la vie et appris l'art de l'escamotage, cet épisode, relaté dans ses mémoires romancés, étant probablement une affabulation.


Il s'installe alors à Paris. En 1830, il devient commissionnaire en horlogerie chez celui qui deviandra plus tard son beau-père, Jacques Houdin, horloger blésois établi à Paris, mais suit attentivement les séances des prestidigitateurs de l'époque. Le 8 juillet 1830, il épouse Cécile Églantine Houdin. Il se fait appeler J.-E. Robert-Houdin, pour se démarquer des nombreux homonymes qui exercent le métier d’horloger, si bien qu'à la mort de sa femme en 1843, il fait une demande de changement de nom pour s'appeler officiellement Jean-Eugène Robert-Houdin.


À Paris, il se perfectionne dans le domaine de l'horlogerie, l'électricité et la construction d'automates. Il dépose plusieurs brevets d'inventions, dont son premier brevet en 1837 : un « réveil briquet ». Il crée notamment des pendules mystérieuses dont le mécanisme est invisible, et enfin ses propres automates. Il répare entre autres le « Componium », ancêtre des robots musicaux. Ce travail lui apporte une notoriété certaine et, devenu horloger reconnu, il travaille pour la Maison Destouche. Son « écrivain dessinateur », clou de l'Exposition nationale de 1844, est acheté par le célèbre Barnum et lui ouvre les portes du marchand Alphonse Giroux, pour qui il fabrique différents automates.


Il découvre l'illusionnisme dans le recueil d'un bonimenteur dénonçant le charlatanisme, le docteur Carlosbach, la science de l'escamotage, ancêtre de la prestidigitation. Le 22 août 1844, il se remarie à Françoise-Marguerite-Olympe Braconnier pour donner une mère à ses deux enfants en bas âge. Il entame dès lors sa carrière de prestidigitateur.


Un collectionneur, le comte de L'Escalopier, devenu son ami, lui avance la somme nécessaire pour ouvrir le Théâtre des soirées fantastiques, un théâtre de magie à Paris. Le 3 juillet 1845 a lieu la première séance publique des « Soirées fantastiques de Robert-Houdin », 11 rue de Valois, au Palais-Royal. C'est le succès immédiat. Il y présente des automates magiques tels que L'Oranger merveilleux ou Le Pâtissier du Palais-Royal ; au cours des mois suivants il ajoutera Le Voltigeur au trapèze, ainsi que des expériences nouvelles comme La Bouteille inépuisable et La Suspension éthéréenne dont la conception et l'exécution envoient aux oubliettes le répertoire désormais désuet de ses prédécesseurs.


Robert-Houdin retourne vivre à Saint-Gervais-la-Forêt près de Blois, dans une propriété, « Le Prieuré », dont il truque le jardin grâce à des commandes électromécaniques et des appareils qu'il a inventés pour surprendre ses visiteurs.


Parallèlement, il publie ses mémoires et révèle ses procédés. Il publie aussi des articles pour La Grande Encyclopédie Larousse.


Éprouvé par le décès de son fils le capitaine Eugène Robert-Houdin tué le 10 aout 1870 à la bataille de Reichshoffen pendant la guerre de 1870, il s'éteint à Saint-Gervais-la-Forêt le 13 juin 1871. Il est enterré au cimetière de Blois, sous une tombe ne présentant a priori aucun escamotage magique. Le médaillon qui l'orne, signé Dantan, était placé de son vivant sur la cheminée de sa salle à manger.


La salle du théâtre peut contenir 225 personnes. La scène fait 17 m de longueur sur 6 m de large et 4 m de haut. Robert‑Houdin y réalise de nombreuses transformations pour ses spectacles en installant des machines aussi efficaces qu'invisibles. C'est ainsi qu'il introduit l'électricité et l'électro-magnétisme dans l'art de la prestidigitation ; c'est grâce à des piles de Smee que le courant arrivait dans des anneaux fixés au plafond de la scène et de la salle. Chacun des meubles, guéridons, consoles de côtés ou table de milieu, permettaient des changes ou des charges invisibles aux regards des plus avertis, et un savant dispositif de tirages contrôlait, à distance, les célèbres automates et pièces mécaniques.


Bien que la scène ne surplombe les spectateurs que d'un mètre environ, ses trappes, ses aménagements particuliers et sa machinerie spécifique auraient fait l'orgueil des plus grands théâtres. Des communications subtiles entre la salle et la scène concourent à des transpositions apparemment instantanées de personnages, certains fauteuils et même l'orchestre, en l'occurrence un simple piano droit, deviennent, au cours d'une expérience, d'utiles auxiliaires pour le prestidigitateur en titre. Du sol au plafond, de la salle à la scène, tout dans ce théâtre était pensé et construit dans le seul but d'enchanter le public et de donner une apparence de simplicité et d'aisance dans l'exécution de prestiges particulièrement sophistiqués pendant lesquels, toutefois, l'art de la manipulation ne perd jamais ses droits. Dans ce théâtre magique, même les charmantes ouvreuses peuvent s'avérer à l'occasion, pour les sociétaires des Soirées fantastiques, de très habiles assistantes, aussi discrètes qu'insoupçonnables.


En cinq ans, Robert-Houdin fait fortune dans son théâtre du Palais Royal. Il forme un assistant Chocat, alias Hamilton, et lui laisse son théâtre en 1852. Hamilton épouse la sœur de sa seconde femme, Olympe Braconnier. Le bail de la salle du Palais-Royal arrivant à expiration, le théâtre est transféré en 1854 au 8, boulevard des Italiens.


Au départ de Robert-Houdin, Hamilton reprend son répertoire et présente ses propres créations parmi lesquelles Le Fameux Enfant soulevé par un cheveu.


Le 24 novembre 1863 Hamilton établit un bail avec le magicien Cléverman ; ce dernier revend à la société Petit & cie. Cette société est financée par un certain Hippolyte Plantet (1829-1882), artiste peintre.


En 1879 Émile Robert-Houdin, fils de Jean-Eugène Robert-Houdin devient le propriétaire du théâtre.


En 1888 sa veuve Léonie Munier vend l'établissement et son équipement à Georges Méliès, lui-même illusionniste, âgé de 27 ans. Il fonde l'Académie de prestidigitation en 1891 et le Syndicat des Illusionnistes en 1893. Georges Méliès suit ses traces en inventant des saynètes magiques telles que La Stroubaika persane, Le Décapité récalcitrant.


En 1889, le « magicien » Dicksonn ouvre un théâtre passage de l’Opéra pour faire concurrence à Méliès. Dans le même temps, Méliès part en tournée avec sa troupe dans le Nord de la France et en Belgique. Durant ce laps de temps, le théâtre sera loué à des Espagnols qui présenteront des corridas avec des taureaux en carton !


À son retour, Méliès dessine dans le journal La Griffe où il publie des caricatures. Au théâtre Robert-Houdin, c’est l’heure des grandes illusions : Le Nain jaune, Les Farces de la lune, Le Château de Mesmer, Le calife, Les Spectres et Le Manoir du diable.


En pleine vogue du spiritisme, Méliès décide de combattre les charlatans en montant un numéro qui reproduit les expériences des pseudo médiums.


En 1889, Harmington Charles Fauque13 entre au théâtre.


En 1896, Méliès organise des séances de projection de vues animées. Pour cela, il réalise son premier film, Une partie de cartes. Mais son premier grand succès, c'est Escamotage d'une dame au théâtre Robert-Houdin, qui reprend un trucage, l’arrêt de caméra, procédé qu'avaient déjà employé en 1895 William Heise et Alfred Clark, pour décapiter Mary Stuart dans L'Exécution de Mary, reine des Écossais. Ce que les cinéastes américains avaient utilisé une seule fois, Georges Méliès va en faire une sorte de marque personnelle, faisant apparaître, disparaître, ou se transformer des personnages ou des objets.


En 1896, au théâtre Robert-Houdin, on joue Le Miracle du Brahmine. Arnould assure les représentations.


En 1901, Le théâtre est en partie détruit le 30 janvier 1901, à la suite d'un incendie qui se déclare chez Clément Maurice, un photographe logé à l'étage. En 1905, le théâtre fête les cent ans de son créateur. On y présente l’automate au trapèze. En 1910, le théâtre donne une grande soirée au bénéfice des inondés. En 1913, Georges Méliès est ruiné. Il tente de vendre les automates du théâtre Robert-Houdin. Henri Maurier est le dernier magicien du théâtre en 1917. Trois ans plus tard, le théâtre cesse définitivement ses activités. Il est finalement démoli en 1924, à cause du percement de la dernière partie du boulevard Haussmann.