LA CONQUÊTE DE L'OUEST | T.O. MÉMOIRES

Bandit, cow-boys, aventuriers de tout poil… Entre canyons vertigineux et saloons malfamés, le Far West a laissé nombre d’archétypes qui ont inspiré le créateur de Lucky Luke.

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PROLOGUE DANS L'OUEST

LA VILLE

Des bâtisses construites en quelques jours, un saloon, trois ou quatre magasins… Cette ville des Grandes Plaines ressemble à des milliers d’autres, toutes apparues après l’Homestead Act voté en 1862, qui facilité l’octroi de titres de propriété aux fermiers et contribua à relancer la conquête de l’Ouest. A l’annonce d’un tracé de chemin de fer et de l’attribution de titres, des spéculateurs fonciers édifiaient à la hâte ces « villes du bétail » (Castle Towns) afin d’y proposer tous les services nécessaires aux éleveurs. Il faudra souvent attendre le tournant du siècle pour que la loi et l’ordre y soient respectés. Face à la recrudescence des outlaws (hors-la-loi), des établissements de prêts de dépôts apparurent dans les villes du Grand-Ouest afin que les gens honnêtes puissent y placer leur argent en confiance. La conquête de l’état de droit passa aussi par la Sécurité bancaire… A partir du National Bank Act de 1863, des « banques nationales », bénéficièrent de la garantie du Bureau de contrôle de la monnaie. La loi définissait aussi le niveau minimal de capital que devaient détenir les banques et la façon dont elles géraient leurs opérations de crédit.

L’Ouest américain, aussi appelé Far-West ou Far West (« Ouest Lointain » en anglais), est une région située à l'ouest des États-Unis. Sa définition a évolué avec le temps, puisque la population de l'époque moderne a colonisé les terres intérieures en se dirigeant vers l'océan Pacifique. Cette colonisation est appelée la conquête de l'Ouest. Le Far West est une région où se développe une société originale, où se croisent des individus d'origines et d'horizon très différents. L'Amérique mythique des montagnes Rocheuses, où s'affrontent les tribus amérindiennes et les pionniers venus fonder les États-Unis est à jamais symbolisée, dans la mémoire des peuples, par des déserts rouges à perte de vue et des montagnes sculptées par l'érosion.

BILLY THE KID

Les premières années


Il n'existe aucune preuve du lieu et de la date de naissance de Billy the Kid. C'est Pat Garrett dans son livre The Authentic Life of Billy The Kid, rédigé par Ash Upson, qui écrit que Billy The Kid est né sous le nom de William Henry Bonney à New York le 23 novembre 1859. Il semblerait que cette date ait été inventée par Upson qui serait lui-même né un 28 novembre. Le nom de Bonney était le nom sous lequel Billy the Kid était connu au moment de sa mort.


On ne sait que peu de choses de son enfance. Sa mère s'appelle Catherine McCarty et serait une immigrée irlandaise probablement née en 1829, venue aux États-Unis pour fuir la famine4. On en sait encore moins sur son père. Le nom de McCarty ne serait pas le nom de jeune fille de sa mère. Elle aurait été la veuve d'un nommé McCarty, mais il est possible que cet homme n'ait pas été le père de Billy the Kid. Son père aurait pu être un certain Bonney, ce qui pourrait expliquer l'utilisation de ce nom par Billy the Kid plus tard dans sa vie. Il a un jeune frère nommé Joseph Mc Carty, mais il semblerait qu'il soit son demi-frère. Néanmoins, selon Brushy Bill (qui prétendra quelques années être le vrai Billy The Kid), Catherine Mc Carty n'était pas sa mère mais sa tante. Toujours est-il qu'il porte dans son enfance le nom de William Henry McCarty.


En 1870, Catherine, sa mère qui est veuve, s'installe avec ses enfants dans le Kansas et ouvre une laverie. Comme on lui diagnostique une tuberculose, elle doit migrer vers une région plus chaude et plus sèche. La famille se rend alors dans le Nouveau-Mexique, à Santa Fé, Catherine épouse un prospecteur d'argent, William Antrim, en 1873. Parce que son beau-père s'appelle aussi William, Billy The Kid est appelé par son deuxième prénom, Henry. Sa mère meurt l'année suivante à Silver City. William Henry prend le nom de son beau-père, Antrim. Ce dernier les place lui et son frère dans des familles d'accueil et quitte Silver City pour l'Arizona. À l'époque, il porte le nom de Henry Antrim.


Premiers méfaits


Henry occupe de petits emplois pour survivre, il se tourne alors vers la petite criminalité de Silver City. Arrêté pour avoir caché le butin d'un vol commis dans une laverie chinoise, il s'évade de prison et s'enfuit chez son beau-père en Arizona. Rejeté par Antrim, il doit se débrouiller seul et gagne sa vie en travaillant dans les ranchs et en jouant aux cartes occasionnellement.


En 1877, il tue son premier homme lors d'une bagarre, Frank « Windy » Cahill à Camp Grant. Cahill l'avait plaqué au sol et le frappait au visage. Libérant sa main, Henry lui tira une balle dans le ventre. Billy n'a que 18 ans, mais est loin de se douter qu'il va devenir un des plus grands criminels de l'Ouest et qu'il sera abattu 3 ans plus tard environ. Recherché pour meurtre, il s'enfuit et retourne au Nouveau-Mexique dans la région de Lincoln. Henry rejoint alors un gang surnommé « The Boys » qui commet des vols de chevaux dans la région. Quelque temps plus tard, il est arrêté pour avoir volé des biens appartenant à un jeune entrepreneur anglais John Tunstall, qui souhaite s'établir dans la région.


John Tunstall est opposé au clan de John Dolan et Lawrence Murphy, et est appuyé par John Chisum, propriétaire d'un grand ranch de plus 100 000 têtes de bétail dans une guerre de territoire pour le bétail. Tunstall, qui a besoin d'hommes de main, propose à Henry de travailler pour lui en échange de l'abandon de sa plainte. Le jeune homme accepte. C'est à cette époque qu'il change son nom en William H. Bonney.


La guerre du comté de Lincoln


Le 16 février 1878, alors qu'il convoie neuf chevaux vers Lincoln, John Tunstall est abattu de sang-froid par la bande du shérif William J. Brady, qui travaille aux ordres de Dolan et de Murphy. Cet événement marque le début de ce que l'on va appeler la « guerre du comté de Lincoln ». Les hommes de Tunstall décident de le venger et créent une bande, les « Regulators », dirigée par Dick Brewer et Frank McNab. La bande est composée d'une douzaine d'hommes, Américains et Mexicains, dont Charlie Bowdre, Tom O'Folliard, Doc Scurlock, George Coe, Frank Coe, John Middleton, Jim French Henry Newton Brown, Fred Waite, Jesus Chavez y Chavez et le « Kid » William Bonney.


Le 9 mars 1878, les « Regulators » capturent deux membres de la bande qui a tué Tunstall, Frank Baker et William Morton, et les exécutent près de Blackwater Creek. Le 1er avril 1878, le shérif Brady et son adjoint Hindman sont abattus dans la rue principale de Lincoln au cours d'une embuscade tendue par les « Regulators ». Lors de la fusillade, le « Kid » est atteint d'une balle à la hanche par l'un des assistants du shérif, Billy Matthews. Mais la blessure est superficielle.


Trois jours plus tard à Blazer's Mill, les « Regulators » abattent un autre homme du camp de Dolan, Andrew « Buckshot » Roberts. Lors de la fusillade, Dick Brewer est tué. McNab, promu chef de la bande à la suite de la mort de Brewer, meurt quelque temps plus tard au cours d'une fusillade au ranch Fritz qui opposaient les « Regulators » à un « posse » formé de deux autres bandes engagées par Dolan, le « Jesse Evans Gang » et les « Seven Rivers Warriors ».


La guerre du comté de Lincoln atteint son point culminant. Les bandes armées engagées par Dolan prennent progressivement le dessus et le 15 juillet 1878 à Lincoln, les derniers « Regulators » se barricadent dans la maison d'Alexander McSween (l'ancien collaborateur de Tunstall) et tiennent le siège pendant plusieurs jours. Le cinquième jour, les assaillants, avec l'appui de l'armée, mettent le feu à la maison pour faire sortir ses occupants et les abattre. Si certains « Regulators » dont le « Kid » réussissent à fuir, d'autres comme Alexander McSween sont abattus et la bande est décimée.


Une vie de fugitif


À l'automne 1878, un nouveau gouverneur, Lew Wallace (l'auteur de Ben-Hur), est nommé au Nouveau-Mexique pour ramener la paix et l'ordre. En mars 1879, le « Kid », qui en a assez de sa vie de fugitif, écrit au gouverneur qu'il serait prêt à témoigner contre John Dolan, si on l'amnistie de ses condamnations pour meurtres. Après avoir négocié son pardon avec le gouverneur du Territoire du Nouveau-Mexique, Billy the Kid se rend aux autorités le 21 mars 1879. Mais lors du procès qui se déroule à Santa Fé, John Dolan est acquitté et le « Kid » est condamné pour le meurtre du shérif Brady. Le procureur général veut défier les ordres de Wallace et le garder en détention. Le 17 juin, le « Kid » s'enfuit alors à la sortie du procès et reprend une vie de fugitif.


En 1880, Billy tue Joe Grant, un chasseur de primes qui s'était moqué de lui dans un saloon de Fort Sumner (Nouveau-Mexique). C'est à cette époque que le « Kid » aurait développé une certaine amitié avec un ex-chasseur de bisons, Patrick Garrett, néanmoins il semblerait que cette allégation a été fortement propagée par les romans et les films et qu'il n'y a pas de preuve que cette amitié ait vraiment existé. Voulant s'établir comme restaurateur à Fort Sumner, Garrett se fait finalement élire shérif du comté de Lincoln en novembre 1880. Sa priorité est d'arrêter celui que l'on appelle désormais « Billy the Kid » et dont la tête est mise à prix pour 500 $. Le même mois, une fusillade éclate entre la bande de Billy the Kid et une autre bande dans un ranch à White Oaks (Nouveau-Mexique). Encerclés par la bande rivale, Billy the Kid et ses hommes abattent dans des circonstances obscures James Carlyle, une personne chargée de négocier leur reddition et prennent la fuite. Pat Garrett et ses hommes, déterminés à les capturer, finissent par les encercler dans une maison à Stinking Springs le 23 décembre 1880. Billy The Kid et trois de ses hommes finissent par se rendre après une courte fusillade.


La fin


Billy the Kid est jugé à Mesilla pour le meurtre du shérif Brady et condamné à la pendaison. Le 28 avril 1881, alors qu'il est détenu dans la prison de Lincoln en attendant la sentence, il s'évade de manière spectaculaire. Il existe plusieurs versions de cette évasion. La plus populaire veut qu'il ait récupéré un revolver (probablement déposé par un complice) dans les toilettes extérieures de la prison. Une autre prétend qu'il aurait réussi à glisser l'une de ses mains hors de ses menottes et à prendre l'arme de son geôlier James Bell. Quelle que soit la version, il aurait abattu Bell dans les escaliers de la prison, puis aurait attendu à la fenêtre, un fusil à la main, l'arrivée du deuxième garde, Olinger, parti déjeuner au restaurant, qui revenait alerté par le coup de feu.


Cette évasion est largement médiatisée dans de nombreux journaux et participe à la popularité du hors-la-loi et à sa légende. Le New York Times en fera même mention. Néanmoins, au lieu de fuir vers le Mexique, le « Kid » reste dans les parages. Début juillet, Pat Garrett apprend que Billy The Kid est à Fort Sumner. Il se pourrait que cette information ait été donnée par Pete Maxwell, le frère de Paulita Maxwell, une probable petite amie du « Kid » parce qu'il désapprouvait cette relation.


Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1881, Pat Garrett se trouve dans la chambre de Pete Maxwell (fils de Lucien Maxwell, un rancher pionnier) et deux adjoints attendent dehors sur la terrasse. Selon une version, Billy The Kid serait entré avec un revolver dans la pièce sans reconnaître Garrett et aurait dit « ¿Quien es? ¿Quien es? » (« Qui est là ? »). Selon une autre version, il était armé d'un couteau. À peine a-t-il prononcé ces mots que Pat Garrett fait feu deux fois. L'une des balles atteint le « Kid » au cœur et il meurt immédiatement. Billy the Kid est enterré dans le cimetière militaire de Fort Sumner entre ses deux amis Bowdre et O'Folliard


Doutes concernant sa mort


Pendant de nombreuses années, les circonstances et l'histoire de la mort de Billy the Kid n'ont eu pour source que le livre de Pat Garrett, The Authentic Life of Billy the Kid. Cette seule source controversée a alimenté des hypothèses selon lesquelles Billy the Kid n'aurait pas été tué par Pat Garrett15. Ces hypothèses sont étayées par le fait que certaines personnes n'ont pas reconnu le corps du défunt et que celui-ci présentait une forte pilosité (alors que le « Kid » était imberbe). John Poe, l'un des adjoints du shérif, était persuadé que Garrett avait tué la mauvaise personne et a déclaré que Garrett ne croyait pas à l'origine que le « Kid » se trouvait à Fort Sumner. D'après Poe, Garrett aurait reconnu le « Kid » à sa voix et aurait tiré ensuite, et il est le seul à avoir certifié que le corps de la personne qu'il avait abattue était celui de Billy the Kid, puisque ni Poe ni Thomas McKinney (l'autre adjoint) n'avaient déjà vu le hors-la-loi. Le coroner n'a d'ailleurs jamais vu le corps et il n'existe aucun document officiel stipulant que le « Kid » est mort. Certaines personnes ont prétendu par la suite avoir vu ou avoir été en contact avec Billy the Kid après le 14 juillet. Il semblerait aussi qu'il existe deux preuves d'arrestations de Billy the Kid après la date de sa mort en 1882 et 1883.


De plus, il semblerait que Pat Garrett n'ait jamais touché la prime de 500 $, par manque de preuves sur l'identité de l'homme abattu. En 1983, la fille de Pat Garrett a déclaré que son père n'avait pas tué Billy The Kid.


En 1950, un certain Brushy Bill Roberts déclara être le vrai Billy the Kid.


Réhabilitation ?


Le 31 décembre 2010, Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique, a déclaré qu'il ne gracierait pas Billy the Kid à titre posthume, n'étant pas en mesure de s'assurer avec certitude des motifs qui avaient poussé son lointain prédécesseur Lew Wallace à promettre cette grâce.


Droitier ou gaucher ?


Pendant de longues années, on a pensé que Billy The Kid était gaucher du fait que sur la seule photo reconnue par les historiens, il portait l'étui de son revolver sur sa hanche gauche.


Néanmoins, cette célèbre photo était en fait la reproduction en « miroir » de l'image réelle comme en témoignent les boutons de sa veste ou la boucle de sa ceinture, qui sont orientés du mauvais côté. Cela accrédite le fait que Billy the Kid était droitier.

  

RANCH

Le long de la Cimarron River (Colorado) en 1898, des centaines de bovins, surveillés par les Cow-boys, paissent ici, près du ranch. Les bisons sauvages ne sont plus, alors, qu’un lointain souvenir. Ce sont les Espagnols qui, au XVIIe siècle, ont introduit en Amérique du Nord l’élevage en ranch des vaches Longhorn (reconnaissable à leurs longues cornes), progressivement remplacées au XIX’ siècle par les races Angus et Hereford. Ce commerce était particulièrement florissant : John W. Llif (1831-1878), surnommé « Le roi du bétail des plaines », fit fortune en créant le plus grand ranch du Colorado, qui comprenait plus de 35 000 bovins.

BARBELÉS

Les hommes cisaillent des barbelés près d’une ferme du Nebraska lors de la range war (la « guerre des frontières ») en 1884. Huit ans plus tôt l’entrepreneur John Warne Gates avait en effet bouleversé le monde de l’élevage en démontrant comment le bétail pouvait être retenu par ce nouveau type de clôture infranchissable. Bientôt, les fermiers délimitèrent leur territoire en installant du fil barbelé, déclenchant la fureur des propriétaires de ranch, qui, jusqu’ici, laissaient paître leurs vaches en liberté. Durant dix ans, vendettas et représailles firent des centaines de morts. L’état fédéral dut intervenir en mettant en place un système d’amendes et de peines pour les coupeurs de fils.

CARAVANES

A bord de leurs chariots à bâche, ces pionniers prennent la route de l’Ouest pour y fonder une nouvelle colonie, à la fin du XIXe siècle. Afin de pouvoir s’assister mutuellement en cas d’attaque de hors-la-loi ou d’indiens, les trajets s’effectuaient en « caravane » (wagon rail), au départ d’Independence (Missouri) porte d’entrée vers l’ouest sauvage. A leur tête : un wagon master chargé d’assurer l’organisation et la sécurité. A raison de 16 km en moyenne par jour, le voyage à travers les Etats-Unis était long et pénible : pour atteindre la Californie ou l’Oregon, il fallait compter cinq, voire six mois.

SALOONS

Ce saloon, à l’air aussi rudimentaire que ses clients semblent patibulaires. L’évocation de ces établissements, où ‘on sert bière et whisky, est indissociable de la mythologie de l’Ouest sauvage, même si le western et la BD ont souvent pris quelques libertés avec la réalité : ces baraques sommaires disposaient très rarement d’une porte à double battant car elle n’offrait aucune protection. On estime que le premier saloon ouvrit ses portes en 1822 à la frontière du Wyoming et de l’Utah, afin d’accueillir les trappeurs durant les grandes années du commerce de fourrure.

COW BOY SOLITAIRE

« I’m a poor lonesome cowboy… » Héritier du vaquero mexicain, le cow-boy était changé de conduire le bétail dans le sud des Grandes Plaines lors des transhumances. Vers 1880, on en comptait seulement 40 000 sur une population de 60 millions d’Américains. Ils perdirent  leur raison d’être lors du développement du chemin de fer à la fin du XIXe siècle, mais le mythe de l’homme courageux, incarnation des valeurs américaines et de l’aventure, demeure.

GÉOGRAPHIE DU FAR OUEST

De façon formelle, l’Ouest américain est constitué de 13 États américains : l’Alaska, Arizona, Californie, Colorado, Hawaï, Idaho, Montana, Nouveau-Mexique, Nevada, Oregon, Utah, l’État de Washington et le Wyoming. Mais d'une manière générale, on considère que cette région comprend tous les États à l'ouest du fleuve Mississippi. Elle représente donc un territoire gigantesque, aux milieux naturels variés, le plus souvent marqués par l’aridité. L'un des enjeux de la conquête de l’Ouest fut celui de la maîtrise de cette immensité désertique.


La géographie physique de l'ouest américain s'organise en grandes bandes méridiennes, que l'on peut décrire rapidement d'est en ouest : à l'ouest du Mississippi se trouvent des régions de plaines, marquées par un climat continental dans sa partie nord. Ces territoires sont parcourus depuis des siècles par les bisons. Les terres sont fertiles et couvertes par la prairie. Le système fluvial du Missouri-Mississippi constitue une voie de pénétration à l'intérieur des terres. Les Monts Ozark se situent entre les fleuves Arkansas et Missouri et ne dépassent pas 700 mètres d’altitude. Ils s’étirent sur environ 350 km du nord au sud. Les Montagnes Ouachita ne sont pas des obstacles majeurs (350 km d’est en ouest). Les plaines du golfe du Mexique, larges de 250 à 500 kilomètres, sont constituées de couches sédimentaires. La côte est marquée par le delta du Mississippi, par des lagunes et cordons littoraux qui sont menacés par les cyclones en été et en automne.


En allant vers la côte du Pacifique, l’altitude s’élèvent d'abord dans les Hautes Plaines. Situées à l’ouest des Grandes Plaines, elles constituent un piémont qui marque une transition vers les Montagnes Rocheuses. Les Black Hills (Dakota du Sud) culminent à environ 2 200 mètres d’altitude.


Les montagnes Rocheuses constituent une chaîne de montagnes élevées à l’ouest des Grandes Plaines et des Hautes Plaines. Elles se décomposent en plusieurs sous-ensembles parallèles et d'extension méridienne. Plusieurs sommets dépassent les 4 000 mètres d’altitude (Mont Elbert, 4 399 mètres). Elles déterminent la ligne de partage des eaux entre le bassin du Mississippi à l’est et les fleuves se jetant dans le Pacifique à l’ouest. Elles sont un véritable obstacle pour les Hommes.


À l’ouest des Rocheuses se trouvent des hauts plateaux disséqués par des cours d'eau tumultueux : le plus célèbre est le plateau du Colorado, au sud, dont la vallée encaissée forme le Grand Canyon. Au nord, le plateau de la Columbia, connaît des hivers neigeux. Le Grand Bassin présente une suite de dépressions occupées par des déserts (vallée de la Mort, désert des Mojaves) enserrés entre des chaînes de montagnes parallèles.


La Sierra Nevada est une chaîne de sommets élevés qui domine l’est de la Californie et qui borde le Grand Bassin sur environ 700 kilomètres. Son point culminant est le Mont Whitney (4 421 mètres). La Sierra Nevada est une véritable barrière rocheuse et enneigée une bonne partie de l'année. La chaîne des Cascades fait partie du même système montagneux que la Sierra Nevada, plus au nord. Elle comprend de nombreux volcans (Mont Saint Helens, 2 549 mètres).


La plaine de Californie, appelée aussi la Vallée Centrale est un vaste espace plat et fertile, long d’environ 600 km. Les chaînes côtières du Pacifique (en anglais : Pacific Coast Ranges) ont pour principal sommet aux États-Unis (hors Alaska) le mont Rainier (4 392 mètres) dans l’État de Washington. La région comprend plusieurs grabens comme celui de la rivière Russe. Elle est échancrée par des estuaires comme la baie de San Francisco et le Puget Sound. On touche ici aux régions les plus occidentales des États-Unis.


Le relief de l’Alaska est fortement marqué par la montagne : la chaîne d'Alaska culmine au Denali (6 190 mètres). Le littoral est très découpé et ponctué de fjords. Les chaînes côtières bordent le golfe d'Alaska et font partie de la ceinture de feu du Pacifique. Les glaciers façonnent des vallées encaissées. Le milieu naturel est difficile pour les hommes.


Le Far West est aussi une région faiblement peuplée avant l'arrivée des Blancs : les Indiens des Plaines y sont relativement peu nombreux et vivent en groupes dispersés et nomades. Pour les États-Unis, nés à la fin du xviiie siècle, ces contrées sauvages constituent une réserve de terres et de ressources naturelles qui paraissent sans limite.